© 2014 By Mathilde van Nuffel. Proudly created with Wix.com

"Je rappelle le très bon exemple que Marilou a donné : celui de la publicité pour l'iphone d'Apple : "Si vous n'avez pas un iphone, eh bien, vous n'avez pas un iphone" où l'on voit bien l'insistance sur le fait que le produit est bel et bien censé manquer à l'individu qui ne l'a pas!"

Dans ce projet d'image manquante, je souhaite amener plusieurs pistes de travail.

La première est celle de l'obstruction, qu'elle soit consciente ou pas, elle existe à tous les niveaux. Cette obstruction se marque par la mise à l'écart d'informations nécessaires à la compréhension. Elle peut s'appliquer à un individu particulier ou à toute une société. Pour la représenter, je choisis des images à caractère symbolique et controversé, j'en cache le contenu grâce à un rectangle blanc, de sorte de ne laisse qu'un mince filet tout autour, seul contenant de l'information dégagée.

Ce geste me fait réfléchir, et j'y trouve l'image d'une trace plutôt que d'une information laissée au dépourvue. La trace, physique ou symbolique, comme une présence disparue. Cette trace laissée comme une cicatrice se retrouve comme information sur une image, sur la peau, l'écorce de l'arbre ou le dos d'un cadre.

Le cadre retourné, représentation de l'image manquée, et je pars à la recherche de ce que nous raconte ce morceau de bois à propos de ce qui manque à nos yeux.

Work in progress

Images réalisées lors de mes recherches aux puces de Bruxelles

L'image au sens où on l'entend, dans toute sa signification visuelle, nous laisse incapable d'imaginer.

L'image pourtant c'est aussi le dessin d'une lettre ou d'un chiffre, c'est la représentation d'une trace ou d'une blessure. Ce sont ces gestes qui vont nous amener l'image visuelle à l'intérieur de notre esprit. Nous devenons producteurs même d'une image de sens à partir d'indice.

"Je contemple “la” gravure de Dürer ; puis, l’abandonnant, j’imagine un chevalier affrontant la mort ; enfin je m’assoupis et voici que ce que je contemplais ou imaginais, je le rêve." Philippe Cabestan

Comme l'arrière du cadre, il y a d'autres traces laissées qui indiquent l'image manquante. Ici j'établis une notion d'espace et de temporalité.

Que voyez-vous?

Mon geste atteint la lecture de l'histoire mais il reste des marques permettant de visualiser une suite, de mettre en relation ce qu'on voit avec ce qui a disparu, jusqu'à ce que l'esprit seul visualise et invente.

visual art